La hausse des droits de scolarité : un dur coup pour la formation continue

La hausse des droits de scolarité : un dur coup pour la formation continue

Au terme des cinq années de hausse des droits de scolarité, chaque cours universitaire coûtera 50 $ de plus que présentement. C’est un dur coup pour les quelque 65 000 étudiants de la formation continue, qui sont en quasi totalité inadmissibles aux prêts et bourses et dont les revenus annuels sont en majorité de moins de 30 000 $.

La plupart des étudiants et des étudiantes de la formation continue étudient à temps partiel dans des programmes de certificat à caractère professionnel, à des fins de perfectionnement professionnel, de recyclage et de réorientation de carrière. L’accès massif de ces étudiants aux études universitaires a grandement contribué à réduire l’écart qui sépare le Québec des autres provinces canadiennes au chapitre de la scolarisation universitaire. Cet effort de rattrapage reste cependant inachevé. Notons également que, dans ce groupe de 65 000 personnes, les femmes constituent une très nette majorité.

Il n’existe pas de portrait socio-économique de l’ensemble de ces étudiants. Des données récentes de la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, qui est vraisemblablement représentative de cette clientèle, indiquent que 18 % des nouveaux inscrits de l’année 2006-2007 ont des revenus annuels de moins de 10 000$, 17,4 % de 10 000$ à 19 999$ et 16,2 % de 20 000$ à 29 999$. Au total ce sont donc 51,6 % des ces étudiants qui vivent avec moins de 30 000$ par année.

Le budget de ces personnes n’est pas élastique, car à leur âge, plus de 30 ans en moyenne, elles assument des obligations professionnelles et familiales qui entraînent forcément des dépenses importantes. De plus, les droits de scolarité ne constituent qu’une partie des frais liés aux études. Il faut en effet y ajouter les frais afférents, l’achat des livres et recueils de texte, les frais de transport et de repas et, bien souvent, des frais de gardiennage.

Opposée à toute hausse des droits de scolarité et des frais afférents, la Fédération des associations étudiantes universitaires du Québec en éducation permanente (FAEUQEP) croit, au contraire du gouvernement, qu’il faudrait adopter une perspective de réduction de ces droits pour en arriver, à long terme, à les abolir. Ce serait là la meilleure façon de garantir l’accès aux études universitaires pour tous ceux qui en ont le désir et la capacité, indépendamment de leurs ressources financières.

Rappelons que la FAEUQEP regroupe environ 20 000 étudiants, soit ceux de la Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal, du service de formation continue de l’Université McGill, des hors campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières et de l’Université du Québec en Outaouais.


Denis Sylvain, président
FAEUQEP


 

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