La prévention de l’exploitation sexuelle, un projet plus ambitieux, mais réalisable

17 fév 2016

La prévention de l’exploitation sexuelle, un projet plus ambitieux, mais réalisable

Montréal, le mercredi 17 février 2016 – À la lumière des récents évènements et suite au dévoilement par le ministre Coiteux d’un programme de « Prévention Jeunesse » visant à lutter contre le recrutement et l’exploitation sexuelle des jeunes filles dans la prostitution, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), la Maison d’Haïti, la Maison Kekpart et le Y des femmes de Montréal prennent acte de l’initiative du gouvernement, mais la jugent insuffisante. Les quatre organismes, bénéficient entre autres du soutien financier de la Fondation canadienne des femmes, mais ce n’est pas assez.

Les quatre organismes, qui œuvrent pour différents projets visant à prévenir l’exploitation sexuelle des jeunes filles, se disent préoccupés par la banalisation des différentes formes d’exploitation sexuelle incluant la pornographie et la prostitution sous toutes ses formes. Le programme actuel du gouvernement manque de vision et évacue la notion d’égalité entre les femmes et les hommes, qui doivent pourtant être au cœur de tout programme d’intervention.

Pour ces raisons, les quatre groupes insistent aujourd’hui sur l’importance de la PRÉVENTION mais également, de la SENSIBILISATION dans la lutte contre l’exploitation sexuelle et la violence faite aux femmes. Les programmes offerts par ces organismes dans plusieurs milieux permettent de travailler en profondeur avec les jeunes et ce, en collaboration avec les différents intervenants. Ces organismes, qui travaillent en prévention auprès des jeunes et moins jeunes dans une perspective d’égalité, jouent un rôle considérable et devraient être consultés par les différents intervenants concernés par la question ainsi qu’être partie prenante de l’élaboration des différents programmes et plan d’action mis de l’avant par le gouvernement.

« Nous pensons qu’en combinant une action de prévention/sensibilisation, d’éducation et de dépistage auprès des jeunes filles nous permettons à ces jeunes filles de faire de meilleurs choix, dans le respect d’elles-mêmes et ainsi diminuer les risques d’exploitation sexuelle. Le projet Sans P ni E est conçu spécifiquement pour les adolescentes et il leur offre des activités sur les relations saines et égalitaires, tout en favorisant pleinement leur épanouissement en leur permettant de développer leur autonomie et leur estime de soi. »,affirme Richard Desjardins, Directeur général de la Maison Kekpart.

« La prévention est une nécessité. C’est ce qui nous permet d’intervenir en amont avec le jeune, d’établir un climat de confiance propice permettant de pouvoir agir dans un moment crucial. La prévention c’est la réduction des risques, l’encadrement des jeunes vulnérables, l’accompagnement du jeune dans ses questionnements, c’est lui redonner son pouvoir d’agir et de réfléchir. La prévention c’est tout simplement de l’éducation et c’est indéniablement une nécessité qui devrait être une priorité. », ajoute Émilie Martinak, coordonnatrice de projet à la Maison d’Haïti.

« Les filles et les garçons développent assez jeunes leur vision d’une relation saine et égalitaire, ainsi que leur estime personnelle. Il est crucial de conscientiser les jeunes dès leur enfance et leur adolescence à ce sujet. Oui, c’est bien de « sécuriser » mais nous devons également les prévenir, les éduquer, pour mieux les protéger. Il est aussi nécessaire de sensibiliser les garçons et les hommes, afin d’éradiquer toute forme de violence faite aux filles et aux femmes, incluant l’exploitation sexuelle. Au Y des femmes, grâce à divers programmes, nous faisons un travail de fond, et proactif dans ces dossiers. Comme d’autres organismes, nous avons cependant besoin de fonds pour maximiser nos services. », souligne Lilia Goldfarb, Directrice des services jeunesse du Y des femmes de Montréal.

« Ce qui fait défaut présentement, c’est l’adoption d’un Plan d’action gouvernemental en exploitation sexuelle incluant le soutien pour les femmes afin de sortir de la prostitution. Ce Plan est annoncé et attendu depuis 2011. Il découle du 2e Plan d’action gouvernemental pour l’égalité entre les femmes et les hommes (2011-2015). Un comité interministériel a fait une consultation à l’automne 2013, un rapport a été déposé, mais aucun plan formel n’a été adopté depuis. Nous craignons que les récents événements survenus au Centre jeunesse de Laval poussent le gouvernement à des actions hâtives et mettent l’accent, et leur investissement, uniquement sur l’intervention dans les centres jeunesse. Ce serait une erreur. », affirme Diane Matte, organisatrice communautaire et fondatrice de la CLES.

« La Fondation canadienne des femmes est déterminée à mettre fin à la violence faite aux femmes au Canada et à l’exploitation sexuelle des filles. La Fondation croit qu’en investissant dans des refuges et des programmes qui aident les femmes et les filles à reconstruire leur vie après avoir vécu la violence, nous pouvons aider à faire cesser la violence, pour de bon. Nous pensons également que l’investissement dans les programmes de prévention de la violence qui enseignent les jeunes adolescents (garçons et filles) sur les relations saines dans leur vie sont essentiels à arrêter la violence avant qu’elle ne commence », précise Anuradha Dugal, Directrice des programmes de la prévention de la violence.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) est une concertation d’organismes et de personnes critiques de l’industrie du sexe. Mise sur pied en 2005, elle regroupe 50 groupes membres, plus de 150 membres individuelles et de nombreux et nombreuses sympathisantEs qui croient qu’un monde sans prostitution est possible.

La Maison d’Haïti est un organisme communautaire et culturel dédié à l’éducation et à l’intégration des personnes et des familles immigrantes ainsi qu’à la création et au développement de liens étroits avec la société d’accueil. L’organisme a pour mission la promotion, l’intégration, l’amélioration des conditions de vie et la défense des droits des québécois d’origine haïtienne et des personnes immigrantes, ainsi que la promotion de leur participation au développement de la société d’accueil.

La Maison de jeunes Kekpart est un organisme, à but non lucratif, incorporé depuis 1981 sous le libellé « Action jeunesse St-Pie X de Longueuil inc. ». En 1989, elle est reconnue comme organisme d’Éducation populaire. En 2007, la Maison de Jeunes s’agrandit pour intégrer un Centre de formation des arts de la scène dans ses activités.

Sa mission est de créer un lieu où les jeunes se retrouvent, échangent et peuvent demeurer en contact avec des intervenants signifiants.
Depuis 1875, le Y des femmes de Montréal travaille pour la prévention des violences, pour le développement des compétences, de l’estime de soi et de l’autonomie, ainsi qu’à l’épanouissement personnel des femmes et des filles. Ils contribuent ainsi à bâtir un avenir meilleur pour les femmes et les filles, dans la perspective d’une société juste où les femmes et les filles ont le pouvoir et la possibilité de participer à la mesure de leurs capacités.

Ève Cardinal
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