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Marie-Andrée Bergeron, doctorante en littératures, Université Laval
Se présentant d’abord sous la forme d’un modeste inséré de 24 pages dans le magazine Le Temps fou, La Vie en rose devient vite autonome et tire bientôt à 10 000 exemplaires. Au fil des ans, la revue deviendra l’une des publications alternatives les plus lues au Québec, passant progressivement de trimestrielle à mensuelle. Jetant un regard féministe sur l’actualité politique, sociale et culturelle, La Vie en rose n’avait pour seul objectif que de proposer une presse d’opinion autonome par rapport aux grandes institutions et, incidemment, libre de toutes contraintes idéologiques. La popularité grandissante du magazine et un tirage de 40 000 exemplaires n’auront cependant pas réussi à empêcher l’arrêt de la publication en 1987. Reconnue pour son humour et ses critiques sociales La Vie en rose demeure l’un des collectifs féministes les plus importants des trente dernières années au Québec. La Vie en rose constitue aussi l’organe d’une prise de parole féministe singulière; elle revisite et soumet constamment à la discussion les faits de l’actualité, les observant sous la loupe d’un féminisme que l’on conçoit comme pouvant être renouvelé en permanence et pour lequel une posture critique est nécessaire. Ce féminisme devient ainsi un prisme à travers lequel se réfractent et se multiplient les points de vue comme autant de facettes d’une même lutte, d’une idéologie en train de se faire et se (re)définissant. Comme lieu de sociabilité, la revue permet non seulement la transmission d’idées, mais aussi le regroupement et l’échange, dans la mesure où la politique éditoriale est favorable au dialogue. La conférence présentée ici entend montrer la manière dont LVR se positionne avantageusement dans les champs féministe, médiatique et culturel québécois des années 1980 au Québec. Polyphonique, elle se situe entre les féministes d’hier et celles d’aujourd’hui, entre la revue d’idées et le magazine, entre les sphères restreintes et élargies.