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Une femme aux commandes du New York Times

Entreprendre - Écrit par La rédaction - Lundi, 06 Juin 2011 14:24   

 

Pour la première fois en 160 ans, une femme, Jill Abramson, dirigera le prestigieux New York Times. Une brèche dans un plafond de verre toujours solide dans les médias.



 

Jill Abramson, 57 ans, deviendra en septembre la directrice de la rédaction du New York Times. En 160 ans d'histoire du prestigieux quotidien new-yorkais, c'est la première fois qu'une femme en prend les commandes.

Une évolution, mais pas une révolution pour autant. Jill Abramson a gravi les échelons dans le journal, dont elle était depuis huit ans  rédactrice en chef. Déjà en 2008, la britannique Alison Smale était devenue la première femme à diriger la rédaction de l'International Herald Tribune, le quotidien à l'international du groupe New York Times.

 

Ces promotions de prestige viennent fêler le plafond de verre. Mais celui-ci reste solide, autant dans la presse anglo-saxonne que dans la presse française. Jane Martinson rappelle dans The Guardian que les femmes représentent 37% des employées de la presse quotidienne américaine, mais elles sont moins de 10% à occuper des postes de direction stratégique, selon l'American Society of Newspaper Editors.

En France, les femmes représentent 45% des titulaires de la carte de presse. Une proportion en constante augmentation. Mais elles occupent moins de 20% des postes de rédaction en chef, et 10% des postes stratégiques.

 

« Ce sont les hommes qui contrôlent donc les moyens de production de l’imaginaire social », relevaient Michèle Reiser et Brigitte Grésy dans leur rapport sur l'image des femmes dans les médias, en 2008. Ce qui peut expliquer la tendance de la presse à transformer la victime d'un viol en coupable, ou à remiser certains sujets ? Le New York Times, en tout cas, n'échappe pas pour l'heure à cette tendance.

En mars dernier la journaliste Mac McClelland, sur le site Mother Jones, s'offusquait d'un article du quotidien consacré au viol collectif d'une jeune fille au Texas... article multipliant les témoignages laissant entendre que la victime l'avait bien cherché.

Le 20 mai, sur @rretsurimages (émission en accès payant), la correspondante du journal à Paris disait regretter la frilosité de sa rédaction en chef lors de la nomination de Dominique Strauss-Kahn au FMI en 2007, Elaine Sciolino avait alors proposé une enquête sur les accusations de Tristane Banon. Ses chefs à New-York lui avaient répondu que ce n'était « pas la priorité ».

Photo : Ruth Fremson/The New York Times

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