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Rapport « Un aperçu de la pauvreté chez les femmes au Nouveau-Brunswick en 2014 »

Introduction

Ce rapport brosse le portrait de la pauvreté chez les femmes au Nouveau-Brunswick en 2014. Il se fonde sur les statistiques récentes et une analyse des politiques gouvernementales. Le rapport examine la féminisation de la pauvreté et les défis auxquels les femmes sont confrontées aujourd’hui, qu’elles soient salariées, bénéficiaires de l’aide sociale ou de prestations de retraite. Ce rapport devrait permettre de faire des recommandations relativement aux réformes nécessaires pour améliorer la situation socio-économique de toutes les femmes du Nouveau-Brunswick.

Au Nouveau-Brunswick, entre 88 000 et 100 000 personnes vivent dans la pauvreté, selon la méthode choisie pour évaluer la pauvreté. Les femmes sont surreprésentées parmi les personnes pauvres au Nouveau-Brunswick, particulièrement si elles sont sans partenaire. En 2011, 14,5 % des femmes et 10,7 % des hommes, âgés de 18 à 64 ans, vivaient dans la pauvreté dans la province, selon la mesure de la pauvreté basée sur un panier de consommation. Des taux élevés de pauvreté persistent chez les femmes monoparentales et leurs enfants : 28,9 % des familles ayant une femme à leur tête sont pauvres. En 2011, près d’une femme seule sur trois, et d’un homme seul sur quatre, vivaient dans la pauvreté au Nouveau-Brunswick.

Monica Townson, associée en recherche au Centre canadien de politiques alternatives (CCPA), souligne dans son rapport de 2009 intitulé Women's Poverty and the Recession : « Les femmes qui sont seules sont les plus pauvres parmi les pauvres, particulièrement les femmes monoparentales qui sont cinq fois plus susceptibles d’être pauvres que les femmes dans une famille biparentale. Or, leur souffrance est pratiquement ignorée par les décideurs. Les femmes plus âgées qui sont seules sont aussi 13 fois plus susceptibles d’être pauvres que les aînées vivant dans des familles. Plus de 14 % d’entre elles avaient un faible revenu en 2007. Nous devons nous préoccuper du fait que ces deux groupes de femmes affichent des taux de pauvreté si élevés à une période où les taux de pauvreté ont chuté à des taux relativement inférieurs pour les autres groupes. »

Selon plusieurs études sur la pauvreté, les causes de la pauvreté chez les femmes sont différentes de celles chez les hommes. La pauvreté chez les hommes est souvent directement liée au marché du travail où ils occupent des emplois à faible salaire ou au fait qu’ils ne puissent trouver du travail. Par contre, les femmes sont pauvres en raison de l’écart salarial persistant. Elles sont concentrées dans des emplois à faible salaire et comme elles passent plus de temps à faire du travail non rémunéré, elles ont moins de temps pour le travail rémunéré.4 Les assistées sociales ou les femmes à faible revenu qui élèvent leurs enfants ont de la difficulté à payer le loyer, le chauffage et l’électricité. Ainsi, il y a peu qui reste pour payer la nourriture, les vêtements, le transport, les fournitures scolaires et autres éléments essentiels.

La pauvreté affecte, disproportionnellement, les Autochtones et les minorités visibles, ainsi que les personnes handicapées. Toutefois, les femmes semblent encore les plus pauvres parmi les pauvres de ces communautés. Selon les données nationales tirées du recensement 2006, les taux de pauvreté sont considérablement plus élevés chez les Autochtones et les femmes de minorités visibles que chez les Autochtones et les hommes de minorités visibles. Les femmes handicapées canadiennes dépendent davantage de l’aide sociale et du Supplément de revenu garanti (à l’intention des aînés) que les hommes handicapés.

Dans ce rapport, nous ne nous sommes pas attardés aux liens entre la pauvreté et la violence. Toutefois, les efforts pour mettre fin à la violence envers les femmes doivent être fondés sur l’égalité des sexes et l’égalité socio-économique. En raison de la pauvreté, la vie et la sécurité des femmes sont à risque. Les femmes qui laissent un partenaire et élèvent leurs enfants seules sont cinq fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que si elles demeurent avec leur partenaire. Les femmes maltraitées demeurent souvent dans une relation de violence parce qu’elles savent que quitter signifierait la pauvreté inévitable pour elles et leurs enfants.

-> Consultez le rapport (PDF)