La victimisation chez les Autochtones au Canada
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Les Autochtones affichent un taux global de victimisation supérieur à celui des non-Autochtones
En 2014, 28 % des Autochtones de 15 ans et plus (environ 275 000 personnes) ont indiqué que leur ménage ou eux-mêmes avaient été victimes, au cours des 12 mois précédents, d'au moins un des huit types de crimes mesurés par l'Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation. Cette proportion était plus élevée que celle observée chez les non-Autochtones (18 %). La présente analyse est fondée sur les données provinciales et territoriales de l'ESG de 2014 sur la victimisation.
La proportion d'Autochtones qui ont déclaré avoir été victimes a diminué dans les provinces ainsi que dans les territoires de 2009 à 2014, passant de 38 % à 28 % dans les provinces et de 36 % à 28 % dans les territoires.
Le taux global de victimisation avec violence, qui comprend l'agression sexuelle, le vol qualifié et les voies de fait, s'est établi à 163 incidents pour 1 000 personnes chez les Autochtones au Canada en 2014, soit plus du double du taux pour les non-Autochtones (74 incidents pour 1 000 personnes).
Les taux de presque tous les types de victimisation avec violence étaient plus élevés pour les Autochtones que pour les non-Autochtones. Plus précisément, le taux d'agressions sexuelles chez les Autochtones (58 incidents pour 1 000 personnes) était près de trois fois celui observé chez les non-Autochtones (20 pour 1 000), tandis que le taux de voies de fait chez les Autochtones (90 pour 1 000) était près du double de celui noté chez les non-Autochtones (47 pour 1 000).
Les Autochtones sont plus susceptibles que les non-Autochtones d'être victimes de violence conjugale
En 2014, les Autochtones (9 %) étaient proportionnellement plus nombreux que les non-Autochtones (4 %) à avoir été victimes de violence conjugale au cours des cinq années précédentes. C'était particulièrement le cas des femmes autochtones (10 %), qui étaient environ trois fois plus susceptibles que les femmes non autochtones (3 %) de déclarer avoir subi de la violence conjugale. Les hommes autochtones (8 %) étaient pour leur part deux fois plus susceptibles que leurs homologues non autochtones (4 %) de déclarer ce type de victimisation.
La moitié (51 %) des victimes autochtones de violence conjugale ont dit avoir vécu des formes de violence conjugale parmi les plus graves, comme le fait d'avoir été agressées sexuellement, battues, étouffées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau. Par comparaison, c'était le cas d'un peu moins du quart (23 %) des victimes non autochtones de violence conjugale.
La violence conjugale subie par des victimes autochtones (50 %) était plus susceptible de venir à l'attention de la police que la violence conjugale touchant les victimes qui n'étaient pas autochtones (28 %). De plus, les victimes autochtones (92 %) étaient proportionnellement plus nombreuses que les victimes non autochtones (66 %) à parler de la violence conjugale avec une autre personne.
Quand divers facteurs sont pris en compte, l'identité autochtone en soi n'est pas associée à un risque plus élevé de victimisation avec violence
Le taux global de victimisation avec violence au Canada était plus élevé pour les Autochtones que les non-Autochtones, mais l'identité autochtone à elle seule n'était pas associée à un risque accru de victimisation avec violence lorsque divers facteurs de risque étaient pris en compte. La présente analyse ne pouvait pas tenir compte de certains facteurs sociaux, comme les répercussions des pensionnats indiens sur les familles autochtones et leurs collectivités, ces renseignements n'ayant pas été recueillis.
Les résultats de l'étude ont révélé que les taux supérieurs de victimisation chez les Autochtones étaient liés à la présence d'autres facteurs de risque, tels que de mauvais traitements subis pendant l'enfance, la perception de problèmes sociaux dans son quartier, l'itinérance, l'usage de drogues, ou une santé mentale passable ou mauvaise.
Une proportion plus forte d'Autochtones que de non-Autochtones présentaient ces facteurs de risque. Par exemple, les Autochtones (40 %) étaient plus susceptibles que les non-Autochtones (29 %) de déclarer avoir subi de quelconques mauvais traitements physiques ou sexuels avant l'âge de 15 ans.
Le risque de victimisation avec violence demeure plus élevé pour les femmes autochtones après la prise en compte des facteurs de risque
Une plus grande prévalence d'autres facteurs de risque de victimisation n'expliquait pas pleinement les taux élevés de victimisation chez les femmes autochtones. Même quand tous les facteurs de risque sélectionnés étaient pris en compte, l'identité autochtone demeurait un facteur de risque de victimisation avec violence pour les femmes.
Certains facteurs de risque étaient plus susceptibles d'être présents chez les femmes autochtones. Par exemple, les femmes autochtones (14 %) étaient proportionnellement plus nombreuses que les hommes autochtones (5 %) à déclarer avoir été victimes de mauvais traitements physiques et sexuels pendant l'enfance. Elles (37 %) étaient également plus susceptibles que les Autochtones de sexe masculin (27 %) de déclarer avoir une incapacité. Par contre, elles étaient moins susceptibles que les hommes autochtones de dire qu'il leur était arrivé de consommer de l'alcool à l'excès ou de faire usage de drogues au cours du mois précédant l'enquête.
La plupart des incidents de violence non conjugale ne sont pas signalés à la police
En 2014, 77 % des incidents de violence non conjugale touchant des victimes autochtones n'ont pas été signalés à la police, ce qui dépasse la proportion correspondante chez les non-Autochtones (66 %). Toutefois, la plupart des victimes autochtones (80 %) et non autochtones (88 %) de violence non conjugale ont dit avoir parlé de ce qu'elles avaient subi avec quelqu'un, comme un membre de la famille ou un ami.
Bien qu'un certain nombre de services, comme des centres de crise, des refuges et des programmes d'aide aux victimes, soient offerts, la plupart des victimes autochtones (72 %) et non autochtones (69 %) ont indiqué ne pas y avoir eu recours pour obtenir de l'aide. Quant aux raisons pour lesquelles elles n'ont pas fait appel à ces services, les victimes autochtones (59 %) et non autochtones (68 %) ont souvent dit ne pas vouloir d'aide ou ne pas en avoir besoin.
La plupart des Autochtones disent se sentir à l'abri de la criminalité
Malgré leur risque de victimisation plus élevé, la plupart des Autochtones (85 %) se sont dits satisfaits ou très satisfaits de leur sécurité personnelle par rapport à la criminalité; la proportion correspondante était légèrement supérieure chez les non-Autochtones (88 %). Toutefois, les victimes autochtones (77 %) étaient proportionnellement moins nombreuses à déclarer se sentir en sécurité, comparativement aux Autochtones n'ayant pas été victimisés (88 %). Les constats étaient semblables parmi les non-Autochtones.
En 2014, les Autochtones (16 %) étaient plus susceptibles que les non-Autochtones (11 %) de croire que le nombre d'actes criminels commis dans leur voisinage avait augmenté au cours des cinq dernières années, en dépit du fait que la proportion de victimes autochtones avait diminué pendant la même période.
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