Témoignages

Trop souvent, on parle à la place des femmes. Trop souvent, on invisibilise de multiples vécus de violences. Comment lutter contre les violences faites aux femmes sans prioriser les voix des premières concernées?

Laissons la parole aux femmes pour parler elles-mêmes de leurs expériences face aux violences systémiques.

Pour proposer un témoignage ou accompagner une femme à témoigner, vous pouvez :
- remplir le formulaire http://bit.ly/2xV5kOd
- participer à la campagne #violencesystémique pendant les #12joursdaction du 24 novembre au 6 décembre
- participer à la Grande soirée "Micro-ouvert contre les violences faites aux femmes", Jeudi 30 novembre à partir de 18h au Théâtre aux Écuries (7285, rue Chabot, métro Fabre)

 

Violée à 11 ans. Une chose entraînant une autre sur une pente descendante, jeune adulte je voulais mettre fin à mes jours. Ce n'est qu'à l'approche de la quarantaine que j'ai réussi à faire une percée, enfin. J'espère ne plus jamais être en survie matérielle, même si je serai toujours une survivante ! J'ai été en couple avec un homme abusif et violent. De 16a36 ans. Nous avons eu un enfant, mais j'ai eu 3grossesses. Je l'ai quitté en janvier 2014.Je dois réapprendre à vivre. Avoir un budget, gérer mon logis, mes horaires, mon fils. Je dois me connaître, mes goût, mes capacités, mon possible. La soirée del événement de violence physique, j'ai sorti en courante de la maison et j'ai demandé l'aide des voisins. Personne n'a pas sorti. Personne n'a pas m'aidé. [...] Quand les policiers sont arrivé et j'ai dit que je parle espagnol et anglais. Les policiers se sont retournés et ne m'ont plus parlé. [...]Et ils ont refusé de me prendre. Inceste

 

J'ai eu un copain violent pendant 7 mois de temps en 2009. Il ne m'a jamais frappée mais il faisait beaucoup de violence psychologique. Il n'était jamais content de rien. Il était toujours négatif sur tout et il se foutait de mes opinions. Quand Monsieur était fâché, il frappait dans les murs, pétait de la vaisselle et lançait tout ce qui lui tombait sur la main. Il m'isolait de mon entourage aussi.Perte d’identité et d’estime de soi, douleurs physiques et psychologiques, peurs, isolement, terreurs nocturne, incapacité à reprendre le contrôle de ma vie, conséquences économiques, désir de vouloir disparaître et être invisible... Violence conjugale (Physique, psychologique, financière) Harcèlement sexuel (cat calling) J'avais 16 ans. Je vais magasiner avec mon ex & sa famille. J'essaie un costume de bain et je prends tout mon courage pour sortir de la cabine d'essayage pour montrer à mon chum. Mon beau-père est juste devant moi et me dis HMMM... Pas mal sexy ça! super fort dans le magasin, en me regardant de façon suggestive. J'avais déjà peur de lui, mais là, j'étais morte de peur, de honte et de culpabilité.

 

J'ai vécu dans une secte religieuse où j'ai été mariée pendant plus de 20 ans. Il nous était recommandé à nous les femmes d'être soumises à nos maris [...] Aller à l'encontre de telles injonctions entraînait un désapprobation sociale, une mise à l'écart de la communauté. [Mon patron] m'a dit : Tsé, je vais te mettre là, dans un an ou deux tu vas faire des bébés, tu vas tout le temps manquer pis je vais mettre qui là? Qui va faire ta job? Ça ne rapporte pas mon investissement.  Je pensais qu'il n'y avait aucun impact et avec les dénonciations qui se passent depuis octobre, ça brasse en dedans. C'est une peine profonde qui vit au creux de moi. J'ai encore de la difficulté à me nommer victime d'abus sexuel, et pourtant j'avais 6 - 7 ans la première fois [...] En thérapie, j'ai réglé plusieurs éléments au cours de ma vie et l'impact positif que ça l'a, c'est que je suis une personne qui essaie d'être bienvaillante envers les autres. Jai coordonné un projet pendant près de deux ans. Je relevais d'un comité de coordination dont l'un des membres me dénigrait sans arrêt et était toujours à l'affût d'erreurs de ma part. Au début, je protestais poliment sans résultat. Finalement, je me suis plainte formellement à l'ensemble du comité mais avant cela, j'ai vécu plusieurs semaines dans un état d'anxiété.

 

 Tres mauvaise estime de soi difficulté d'avoir une vie stable en amour/travail/amitié/ maladies mentales...bref a peu pres toutes les sphere de ma vie  J'ai été hospitalisée en psychiatrie, ou en crise, quand je suis devenue agitée, on m'a déshabillé devant une équipe d'hommes, des gardiens de sécurité, pour nous mettre une jaquette et nous attacher les jambes ouvertes sur un lit. Je ne me suis pas laissée faire et les hommes m'ont eux-mêmes attachés en usant de la force, pour ne pas dire de voix de fait. [...] je crois avoir été soumise à des électrochocs sans mon consentement. J'ai d'ailleurs perdu des capacités cognitives.  La #violence systémique c'est quand une femme monoparentale c'est vu refusé un logement parce qu'elle avait des enfants. L'oncle de ma meilleure amie, lorsque j'avais 15 ans, m'écrivait sur MSN que j'étais sexy, séduisante, que j'avais des  beaux gros seins, et que s'il avait mon âge, il sortirait avec moi et il me ''frencherait''. [...] Mes parents se posaient des questions, mais je minimisais parce que justement, ça restait des paroles et non une agression sous la forme d'un viol. Il restait un homme qui je cotoyais régulièrement et que j'appréciais beaucoup et j'ai senti que ma confiance avait été brisée.

 

J'ai subi de la violence psychologique de la part de mon ex-conjoint pendant plusieurs années. Je me sentais à l'abri de ce genre de choses, puisque je suis une femme éduquée et conscientisée, en couple avec un homme tout aussi éduqué et respectable. Mais graduellement et subtilement, il a abîmé ma confiance en moi, en discréditant mes besoins et mes désirs, en remettant en doute mes choix, en banalisant ma souffrance  Intimidation. J’ai par la suite garder le silence. I was physically, mentally, emotionally and sexually abused for over 20 years and the suffering I endured took years to heal.  J AI ETE HEBERGE [DANS UNE MAISON] POUR FEMMES   JE SUIS ASIATIQUE   MESDAMES   BATTEZ VOUS POUR NOS FILLES SVP MERCI [...] J AI PERDU MON ESTIME DE MOI  GRACE A VOUS INTERVENANTES  JE M EN SORS ET JE SUIS CONTENTE....    MERCI A VOUS TOUTES

 

La violence conjugale c'est très sournois ça te frappe d'un coup mais grâce aux organismes dédiés  à ce fléau JE ET NOUS VAINCRONS! J'ai été victime de violence physique et d'abus sexuel de la part de mon mari. Je me suis marié avec lui en pensant avoir une meilleur vie au Canada. J'ai dû me relocaliser dans un centre d'hébergement et je parle très peu le français ce qui me rend difficile l'accessibilité aux ressources. Mon mari me volait mon argent et je mangeais ses restants de nourriture.  Le fait que j'était victime de violence conjugale monsieur m'humiliait souvent en public, à cause que je dépendais de lui financièrement. Monsieur m'obligeait de marcher pendant une heure alors que j'étais fatigué lorsque je lui demandais d'arrêter , il me menaçait de m'enterrer vivante.  j'ai dû fuir la ville dans laquelle je vivait car ma vie était en danger. Je suis maintenant loin de ma famille qui reste dans mon pays d'origine. Mes souvenirs d'enfance étaient un père qui battait ma mère, moi aussi d'ailleurs pour un oui ou pour un non... souvent des coups, du sang, des viols devant mes yeux naifs de petite fille. Ma pauvre mère a fini par le tuer suite à des derniers coups qui s'accentuaient, cette fois ci plus supportés. [...] après sa sortie de prison [...] elle s'est défenestrée

 

J'ai fait une dépression majeur à cause de la violence conjugale. [...] Présentement, je suis sans emploi car je suis en congé maladie à cause de la violence conjugale. J'ai arrêté mes études pour prendre soin de moi. J'ai perdu confiance et ressente de l'injustice. [...] Malgré tout , je suis contente que les ressources en violence conjugale existent car elles nous aide à survivre. Elles nous aident à se reconstruire. J'ai vécu de la violence psychologique ainsi que de la violence physique de la part de mon ex-conjoint. Les impacts que n'ont pas été juste sur moi mais également sur ma fille et ma famille. Je vivais de la peur, je me sentais faible et j'ai perdu confiance en moi. Mentalement j'étais détruite. Ma fille me voyait souvent pleurer et elle a vécu le stress de la situation. Puis elle a même été témoin de la violence physique que j'ai subi. La violence psychologique est très peu reconnue par le système médicale qui y voit des problèmes d'origine interne, c'est-à-dire à une perception fausse, erronée, du Soi. Or, la violence psychologique, bien que très extérieure au Soi, a un impact flagrant sur la perception que l'on a de soi-même. La violence psychologique m'a amenée donc à vivre plus de violence psychologique et de maltraitance de la part du système médicale  Rape, abasement, death threat by husband. Lack of adequate court system for getting justice. Methodical psychological abuse by partner, then judgement, lack of support, and ostracization by acquaintances. Lack of quality service for abusers. Discrimination as a woman and as an immigrant at work, resulting non-renewal of tenure track position. Misogyny by boss at another job, resulting compromised reputation. Resulting in very low self esteem, questioning myself constantly, stress, and insomnia. To the level of psychological problems.

 

Un collègue qui savait que j'étais lesbienne tente un jour de m'embrasser de force. Il était très grand et m'avait pris dans ses bras de sorte que je ne pouvais à peine bouger. Suite à cela, je dépose une plainte aux ressources humaines et le collègue demande à me rencontrer pour s'expliquer. Il me dit : Tu sais, nous, les européens, on est chaleureux. S'embrasser entre collègues, c'est normal.  Tu sais pas comment tu m'as fais mal, tu sais pas tout ce que j'ai à reconstruire maintenant la tempête passer. Mon coeur est tellement déchirée j'ai pu envie d'aimer, j'ai pu rien à donner de toute façon. Je me sens tellement laide en dedans.  Le système de justice criminelle traite les femmes victimes d'agression sexuelle comme des pions. On voit plusieurs procureurs de la couronne (jamais les mêmes), plusieurs intervenants de l'IVAC, alors qu'on aurait besoin à l'intimité, on est surexposé.  Violence conjugale physique psychologique, verbale,abus financière ,abus sexuel , Perte d'estime ,de confiance ,crainte peur anxiété angoisse ..symptôme poste traumatisme ..j'étais rendue à normalisée banalisé voir meme excusée ses gestes...isolement ..sentiment d'échec d'infériorité je ne me sentais plus comme la mère au foyer mais une baby sitter une ados.une nounou qui ne fait jamais assez son travail

 

Tout d'abord, je suis malheureusement tombé dans le monde de la prostitution et j'ai effectivement rencontré un proxénète. Celui-ci m'a violée, rabaissée, démolie en petits morceaux. Des fois, ses amis venaient et je devais ''m'occuper d'eux'' (j'avais tellement peur que je le faisais). Il y a trois semaines, mon copain a décidé que nous allions avoir une relation sexuelle, sans mon consentement. J’ai figé et j’ai fait la morte. J’ai fermé les yeux et attendu que ce soit terminé. La honte est encore plus grande parce que ce n’est pas la première fois que je subis des violences sexuelles. Mes collègues masculins avaient toujours la chance d'aller se faire faire former pour faire du travail intéressant. Moi, je ne méritais que le travail de bureau, malgré le fait que j'étais autant compétente que mes collègues masculins, j'avais le même diplôme. On m'a refusé des formations, et on m'a ensuite dit que je n'était pas éligible à une promotion, car je n'avais pas fait les dites formations. Mes employeurs disent que mon habillement ne convient pas, que lorsque je me penche ou lorsque je suis en haut d'une échelle, on voit ma peau, et que ça aguiche mes collègues de travail. On voudrait que je porte des cotons ouatés avec un col roulé... Mais est-ce que l'on exige celà de la part d'un homme? Je ne pense pas.

 

 Un patron m'a déjà dit d'aller m'acheter un dildo parce que je m'ennuyait au travail. En recherche d'appartement dans le quartier Rosemont à Montréal cet automne, je me suis fait refuser au moins 3 ou 4 logements qui m'intéressaient lorsque je mentionnais avoir un enfant. La violence psychologique que j'ai vécu de la part de mon conjoint m'a rendu malade. J'ai un diagnostic de Lupus .Suite à une attaque verbale de sa part qui a durée 4 heures j'ai commencé à avoir des douleurs à l'épaule gauche et s'en ai suivi une dégradation globale de ma santé .Perte de poids importante, perte de cheveux et j'ai été alité pendant un bout de temps. Jusqu'en a en avoir des palies de lit. Après une agression sexuelle, la policière m'a demandé si ça faisait longtemps que je connaissais le gars et si c'était notre premier rendez-vous. J'ai dit non, que ça faisait quelque fois qu'on se voyait, mais qu'on s'était rencontrés sur Tinder, que je lui faisais confiance. Elle m'a répondu que ça serait une leçon pour la prochaine fois, de ne pas faire confiance trop facilement.

 

 La violence systémique, c'est entre-autres ne pas pouvoir effectuer des activités qui nous font du bien au moment qui nous font du bien sans ressentir de la peur ou de la rage. C'est de se faire reprocher des choses qu'on aurait dû faire ou n'aurait pas dû faire: t'aurais pas dû lui donner ton numéro de téléphone, qu'est-ce tu fais d'aller courir le soir lorsqu'il fait noir en petite ville de banlieue?, t'aurais dû appeller la police!

 

Le Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est composé cette année de la Fédération des femmes du Québec, d’Action des femmes handicapées (Montréal), du Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine, du Conseil Québécois LGBT, de DAWN /Réseau d’action des femmes handicapées du Canada, de Femmes Autochtones du Québec, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, de la Fondation Filles d’action, de la Fondation Paroles de femmes, de la Voix des femmes, de la Maison d’Haïti, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, du Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et du Y des femmes de Montréal. Illustration et conception: Kay Nau

La campagne du Comité des 12 jours d’action contre les violences envers les femmes est réalisée grâce à une contribution financière du Secrétariat à la Condition féminine.